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    J'ai la chance d'avoir deux cheminées, une ici, une dans ma campagne.

    Dès qu'il fait froid je ne peux m'en passer. Je trouve que cela met une ambiance chaleureuse et cosy. Et si je suis seule c'est une véritable compagnie un feu qui crépite, des flammes qui réchauffent.

    Pour moi il y a deux façons privilégiées de lire : dehors , au jardin ou sur une plage (comme il y a peu), ça c'est pour les beaux jours. L'autre, l'hiver, au coin du feu.

    Bien sûr c'est du travail : porter les bûches, prévoir le petit bois, allumer le feu, et le nettoyage de l'âtre régulièrement.

    Mais le jeu en vaut largement la chandelle !

    Et puis, c'est important aussi, avec le système d'insert surtout  : ça réchauffe et pour une frileuse comme moi ce n'est pas rien.

    Vous l'aurez compris je suis une inconditionnelle !


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    devoir de Lakevio du Goût_870.jpg

    J'ai choisi chatain foncé.

    Ca va faire un sacré changement !

    Depuis mon enfance où l'on me traitait de rouquine ou pire de "poil de carotte" ces cheveux m'ont toujours joué des tours. Et maintenant ce type que je croise sans arrêt depuis que j'ai emménagé dans ce quartier parisien : à la boulangerie, chez nespresso et surtout dans ce restaurant l'autre jour où nous étions assis à quelques mêtres. Bref je le rencontre très souvent, en fait plutôt "les" rencontre car il a toujours sa femme avec lui, bras dessus, bras dessous.
    Ca va, elle a l'air de bien prendre la chose. Je crois même que ça la fait marrer, je l'admire parce que moi, à son âge, que mon mari reluque à ce point une femme plus jeune, je crois que ça m'énerverait !

    Elle est rousse elle aussi, elle devait me ressembler dans sa jeunesse, et c'est peut être pour ça ? Mais quand même !

    A peine m'aperçoit-il qu'il se fige, qu'il a l'oeil qui vrille (oui, en plus il n'en a qu'un, l'autre n'a pas l'air fonctionnel), qu'il rougit et blémit à tour de rôle, que sa bouche tremble et qu'il pousse de si gros soupirs que même à quelques mêtres je les entends.

    Au restaurant nous sommes restés longtemps dans la même pièce, forcément. Alors qu'ils discutaient tous les deux avec animation et semblaient seuls au monde, tout d'un coup il m'aperçoit et s'en est fini. Il se trouble, il ne me quitte plus de l'oeil, essaye de s'intéresser aux paroles de son épouse tout en me jetant des regards en coin, comme si, en fait, il ne pouvait me quitter des yeux, il est comme aimanté. Et ces soupirs... j'en suis gênée, j'ai l'impression que tous les clients vont s'en apercevoir. A un moment sa femme d'ailleurs se retourne et me voit. Elle s'esclaffe mais je ne distingue pas ce qu'elle dit. Il rougit de plus belle. Comme ses mains tremblent un peu, il fait tomber sa fourchette qui résonne bruyamment sur le sol. Un serveur se précipite pour la ramasser et lui en redonner une autre. Un moment après c'est la glace à la vanille qui s'écrase sur son cachemire noir. Là c'est sa femme qui soupire.

    Je me dépêche de finir mon repas, il est si agité que j'ai peur qu'il ne fasse une attaque, une crise d'apoplexie.

    Je ne me fais pas d'illusion : je sais que je les recroiserai un jour prochain, nous devons habiter très près. A force son coeur va lâcher, ce n'est pas possible ! Et je ne veux pas être responsable d'un décès prématuré pour..... vision répétée de rousse !

    C'est pourquoi je me suis achetée cette teinture.


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  • http://le-gout-des-autres.blogspirit.com/media/02/01/2642065318.jpg

    Nous arrivons. Le voyage a été long et un peu effrayant avec ma mère qui s'énerve beaucoup quand on doit prendre le train. Encore plus que d'habitude. Il y a les bagages, le chat dans son panier, le sac du pique-nique.
    Après le train nous prenons un car. Maman demande au chauffeur de s'arrêter à "la cabane", trois km avant l'arrêt en ville, il accepte volontiers. Nous descendons et là il nous reste un km à pied, bien chargées.

    Je sens l'odeur de la campagne, les champs à perte du vue. En arrivant en  bas de la côte j'aperçois la rivière qui serpente près du chemin. Il y a des vaches , des moutons, nous arrivons au village, une dizaine de fermes adossées à la colline. Nous retrouvons la Maison, notre maison. Rien à voir avec notre minuscule appartement sous les toits. Je vois que Maman commence à se détendre. Elle défait les valises et m'envoie jouer dehors. Je sais qu'ici elle me prêtera moins attention, elle criera moins.

    Je suis heureuse, je suis libre. Plus d'immeubles, plus de rues, plus de voitures. L'herbe sent bon, l'air sent bon. Je file sur le chemin, je file vers le "chemin de croix" (parce qu'il a un crucifix à son début) qui mène à la rivière. Les vaches me regardent passer. Je voudrais les embrasser et leur dire : "vous voyez je suis là, je suis revenue". Je le leur dis d'ailleurs. Elles me regardent avec leurs yeux doux.

    C'est l'été, il fait chaud, je vais me tremper les pieds dans la rivière. Je n'ai pas l'autorisation de me baigner seule. Je sais qu'elle est dangereuse parfois. Ma mère m'a raconté qu'elle avait failli s'y noyer avant ma naissance.

    Je rentre à travers champs, si je ne fais pas de bruit je verrai peut être un renard, des lièvres ou même des chevreuils. Si je ne les vois pas aujourd'hui je les verrai un autre jour. Les vacances commencent seulement, j'ai l'éternité devant moi. Septembre est loin, la ville grise aussi. Ici tout est vert, jaune et bleu. Tout brille, tout scintille.

    Je vais retrouver mes jouets d'ici : quelques poupées, et mes livres. Mes journaux de Mickey, les Pieds Nickelés, Nano et Nanette etc.. Demain je mettrai une grande couverture dans le jardin et je les relirai à l'ombre du tilleul. Peut être que les filles des voisins savent déjà que nous sommes arrivées, elles viendront jouer avec moi. Je joue un peu les chefs parce que je suis la "parisienne"qui connait plein de trucs !

    Et ce soir ce ne sera pas un petit lit par terre, collé à celui de ma mère (pour laisser une chambre à ma grande soeur), ce soir je serai dans un vrai lit, avec un édredon de plumes et un matelas mou dans une chambre fraîche qui sent un peu l'humidité et le feu de bois. Comme le volet est cassé j'apercevrai le ciel et les étoiles et j'entendrai le hibou et bien d'autres bruits de la nuit. Je m'endormirai vite dans ce nid douillet.

    Et demain tout recommencera : le soleil et l'herbe, l'éternité d'une journée à la campagne.


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    http://le-gout-des-autres.blogspirit.com/media/01/01/256057982.jpg

    "Dansons la capucine, y a plus de pain chez nous, y en a chez la voisine , mais ce n'est pas pour nous, you-ou "

    - Samantha,  pourquoi tu n'es pas habillée encore ? Maman va te gronder !

    - Oui, nous devons aller chez Grand-Maman, enfile donc ta robe !

    - Grand-Maman sent mauvais, je n'ai pas envie d'y aller !

    - Tu exagères ! Si Maman arrive et voit que tu ne t'es pas encore préparée, elle va crier et sortir le martinet !

    - De toutes façons elle ne fait que ça !

    - C'est vrai. Si ce n'est pas les vêtements c'est la coiffure, si ce n'est pas la coiffure c'est autre chose.

    - Moi elle ne me gronde jamais, je fais tout comme il faut.

    - Comme elle veut tu veux dire ! "ah vous dirais-je Maman ce qui cause mon tourment "

    - Toutes : " Moi je dis que les bonbons valent mieux que la raison "

    - Maman est fatiguée. Nous sommes quatre et ...

    - Maman nous le répête tout le temps : elle voulait un garçon ! Et elle prétend que Papa est parti à cause de nous !

    -" Mon papa, ne veut pas, que je danse, que je danse, mon papa ne veut pas, que je danse la polka "

    - Depuis qu'il est parti c'est encore pire : elle nous déteste.

    - Elle nous a dit de nous faire belle pour la visite à Grand-Maman, peut être qu'elle veut nous y laisser ? "

    - Mais non, c'est comme lorsqu'il y a des visites, elle est fière de nous montrer "laissez moi vous présenter mes chères filles, elles sont ma consolation "... tu parles Charles !!

    - Oui, et eux : "oh comme elles sont mignonnes et bien élevées, mes félicitations très chère, elles sont votre réussite ! " et gna gna gna... et elle elle se rengorge.

    - C'est le seul moment où elle nous apprécie, mais dès qu'ils sont partis c'est "allez enlever ces robes vous allez les abimer et restez dans votre chambre jusqu'à l'heure du dîner."

    -Samantha, l'heure approche, va vite te préparer !

    - J'y vais, j'y vais ..."Aux marches du palais,  aux marches du palais y a une tant belle-fille lon la, y a une tant elle fille"...

    - toutes les quatre : c'est un p'tit cordonnier, c'est un p'tit cordonnier, qu'a eu sa préférence lon la, qu'a eu sa préférence ! "


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    Devoir de Lakevio du Goût_82.jpg

    Je suis vraîment une vedette : dèjà à la une de Télérama cette semaine mais, plus grande consécration encore : sur le blog du Goût !

    Bon, sur Télérama ils m'ont fait un grand sourire niais , soi-disant que je suis heureuse que le défilé recommence ! Le défilé des touristes qui s'agglutinent devant moi, et -signe des temps- maintenant me tournent le dos pour prendre leurs fichus selfies.

    Ceci dit, je suis quand même un peu contente, ça me fait de la distraction. Je regarde à quoi ils ressemblent, comment ils sont habillés. J'essaye de deviner quelle langue ils parlent etc... C'était un peu longuet ces derniers temps... Combien de fois n'ai-je pas entendu la Vénus de Milo soupirer, elle aussi doit trouver le temps long. Et je ne vous dit pas le chahut sur le radeau de la Méduse, ils en sont venus à se chamailler par désoeuvrement !

    Vous vous posez la question sur mon sourire, le vrai ? C'est parce que je me moque de l'engouement planétaire pour ma modeste personne. Ca me fait marrer doucement parce que de mon vivant, moi , Lisa Gherardini, j'étais loin de provoquer tant d'émerveillement ! C'est ma cousine Elena qui était réputée pour sa beauté . Je l'aimais bien mais elle me piquait tous mes prétendants, pire elle a épousé le bel Alphonso dont j'étais éperdument amoureuse. Quand nous étions dans la même pièce tous les regards étaient rivés sur elle et si un belâtre s'intéressait à moi c'était pour mieux, par ce stratagème, être admis dans son cercle amical et essayer de la séduire.

    Et maintenant je suis vengée : qui mobilise les foules , hein ? Il ne s'agit pas d'une dizaine d'amoureux transis, non, il s'agit de millions de personnes ! Et je ne peux que trouver cette pirouette de l'Histoire très réjouissante et cocasse !


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