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    http://le-gout-des-autres.blogspirit.com/media/02/01/3135491785.jpg

    Troisième danse, je n'en peux plus ! Mais quel pot de colle ! Et dire que je vois Damien là-bas qui parle avec cette roulure de Gaétanne et que coincée avec ce benet je ne peux pas intervenir...

    Troisième danse, je savais que ça allait marcher, elle est sous le charme c'est sûr... C'est la plus belle de la soirée, enfin à part Gaétanne qui n'est pas mal non plus, mais c'est moins mon style, un peu trop... heu...desinhibée dirais-je... Mais Lucile est juste ce qu'il faut, réservée et douce. Dès que la musique s'arrête je la ré-invite !

    Dès que la musique s'arrête je prétexte une envie pressante et je me sauve. Tout sauf une quatrième danse, il faut que je trouve l'occasion de parler à Damien, vite ! En plus ce benêt me donne chaud à me serrer comme ça, et sa veste rèche me griffe la joue, je vais être toute rouge, pfff Mais pourquoi me serre-t-il  comme ça ? Il a peur que je me sauve ? C'est bien mon intention !

    Je la serre un peu, elle doit aimer ça. Elles aiment toutes ça !  Elle peut sentir ma musculature...et je ne parle pas du reste, ha ha ! Et son visage collé contre mon épaule, ce sentiment de protection que ça doit lui donner... J'espère que bientôt nous n'aurons plus ces étoffes entre nos deux corps. Je la ferai hurler de plaisir !

    J'étouffe. J'ai horreur de ces mecs collants. En plus c'est un sac d'os ! Il nage dans son costume trop grand, il a dû l'emprunter à quelqu'un pour l'occasion,. on dirait un pingoin endimanché. Ma jolie robe va être toute froissée. Gaétanne parle toujours avec Damien, ils boivent du champagne et rient fort pendant que je suis scotchée à cette ventouse. Je rêve ou sa transpiration me coule dans le cou, pouahhhh

    Elle s'écarte un peu. C'est sûr : elle n'en peut plus ! Elle est folle de désir et veut se reprendre. T'inquiète ma belle d'ici cette nuit nous irons au bout de nos de nos rêves les plus fous... tiens la musique s'arrête, une autre commence ... "vous m'accordez encore cette danse ? "

    " Heu... pas celle-ci, je dois...je dois aller me rafraîchir, excusez moi "

    "Je vous en prie, je vous attends"  Elle a besoin de calmer un peu les ardeurs que j'ai éveillé en elle, je comprends ça ! Moi aussi j'aurais presque besoin d'un bon bain glaçé là, ha ha !  Quelle soirée mes amis ! Et quel succès !

     

    (Voilà, Le Goût, je voulais t'encourager dans ta nouvelle mission, mais j'avais très peu de temps, alors "vite fait", peut-être pas "bien fait" ?!)


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    nicolas odinet-apres_la_regate_au_candy_store-100x100

     

    Vous commencerez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Ainsi, après bien des années, je me retrouvais chez moi." Propos tenu par Milan K., qui plaisante.

     

    Vous terminerez par la phrase suivante : "La vie, voyez-vous, ce n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit." Ainsi philosophe la bonne Rosalie, personnage de Guy de M., quand il raconte Une Vie.

     

    Entre les deux, casez ce que vous voulez !

     

    Ainsi, après bien des années, je me retrouvais chez moi . Enfin, pas tout à fait, disons pas très loin. Plus près je n'en ai pas envie, et surtout pas l'autorisation.

    Ahhh boire une bière bien fraîche à la terrasse d'un café... personne ne peut imaginer le bonheur que cela procure après vingt-six ans d'enfermement ! Vingt six ans à cogiter sur la grosse connerie que j'ai faite.

    J'étais démasqué, si je ne voulais pas qu'ils l'apprennent, je n'avais pas d'autre choix. C'est ce que j'ai dit aux juges. Il m'aurait été insupportable de voir leur expression lorsqu'ils auraient appris que je n'avais été qu'un imposteur toutes ces années. Pas de médecin brillant, un pauvre type qui faisait semblant...

    Mes parents qui m'admiraient tant, qui se gargarisaient de ma réussite professionnelle, comment les mettre devant la réalité : que leur fils n'était qu'un raté ? Ils sont morts en l'ignorant, qu'ils reposent en paix !

    Ma femme qui croyait avoir épousé un grand homme et m'aimait pour cela. Qui repassait mes chemises pour que je sois toujours impeccable à un travail où je n'allais pas, qui m'apportait un verre le soir pour que je me détende après ma longue journée à l'hôpital. C'est vrai que mes journées étaient longues à traîner dans les rues jusqu'au moment de rentrer ! Qui me faisait une réputation de compétence auprès de ses copines qui, me disait-elle, l'enviaient d'avoir épousé un grand professeur. Elle aussi je l'ai protégée de la désillusion.

    Quant à mes deux enfants...Disons que je n'ai pas voulu détruire en eux l'image du Père que tous les psychologues s'accordent à trouver essentielle pour la construction de leur personnalité, voilà. Ca leur aurait fait trop de mal, les pauvres petits. Comme j'aimais aller les border le soir lorsqu'ils m'attendaient en pyjamas dans leurs lits. Ils me demandaient combien de personnes j'avais opérées et sauvées. Ils m'admiraient tant. Je leur ai épargné un traumatisme qui aurait inévitablement impacté leur avenir.

    Maintenant j'ai payé. Je vais aller séjourner quelques temps dans un Monastère, c'était la condition pour ma sortie anticipée. Ce sera toujours mieux que la Taule...je pense que la nourriture doit être meilleure, et si ça s'appelle aussi une cellule, au moins  sera-t-elle  individuelle, quel luxe !

    Et après, lorsque le moment sera venu, je reprendrai ma liberté. J'espère me trouver une nouvelle petite femme et, peut être, qui sait, avoir d'autres enfants. C'est si beau une famille !

    La vie, voyez-vous, ce n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit.

    Résultat de recherche d'images pour "jean claude romand 2018"

     

     

    (désolée amis lecteurs, c'est ce qui m'est venu à l'idée)


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    Marcos-Beccari-Quarta-feira

    Aquarelle de Marcos Beccari

     

    La toile du jour et les dix mots choisis à introduire dans votre histoire :

     

    cheval

    cinglant

    stigmate

    outrage

    porcelet

    caravane

    pouf

    parfum

    digérer

    limitrophe

     

    Comment vais-je arriver à digérer  - si je m'en sors- ce qui m'est arrivé  : ces outrages dont je porte les stigmates sur mon corps ?

    Je suis enfermée dans cet appartement comme un porcelet dans son enclos et ce balcon est trop haut pour que je puisse sauter.  C'est pourquoi il m'autorise à y aller, pour respirer un peu d'air, le parfum d'une liberté que j'ai l'impression que je ne retrouverai jamais.

    Je sais qu'il y a un commissariat dans une rue limitrophe à celle-ci, mais ils ne peuvent m'entendre. Ni aucun voisin puisque cet immeuble est presque vide.

    C'est de ma faute, je n'aurais jamais dû monter dans cette caravane, j'ai bien vu que ce type était louche mais mon cheval s'était blessé, je voulais aller chercher la voiture et le van pour le ramener à l'écurie.

    Cet homme est un malade, il va finir par me tuer, rien que ses coups de fouets cinglants...  c'est à peine si je peux m'asseoir sur ce tas de chiffons, ou sur le pouf à l'intérieur lorsque je dois rentrer. Et quant au reste...

    Mon seul espoir c'est ce petit mot que je viens de jeter dans le vide.J'ai réussi à le griffonner la nuit dernière pendant qu'il dormait. Je l'ai lesté par des trombones qui trainaient dans un tiroir. Je n'ai plus qu'à espérer que quelqu'un le trouve et se donne la peine de le lire...


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    Romance

     

    Fraîche ou rance.

    peder monsted

    Peder Monsted

     

    Frais ombrages, amers ou doux secrets

    On se découvre, on se frôle,

    les baisers se donnent ou se volent.

    En route pour l'été

    Ou pour l'éternité...

    A vous de composer.

     

    PS : Phrase à inclure dans votre récit : 

    "Une absence totale d'humour rend la vie impossible."

    (tirée de Chambre d'hôtel de Gabrielle Sidonie Colette.)

     

    Emma était heureuse qu' Armand lui ait proposé cette promenade. C'est son cher Papa qui lui avait présenté le jeune homme, neveu d'un ami de son Club, car c'était un jeune homme d'un bon milieu, bien sous tous rapports. Et même Maman, si difficile, n'avait rien trouvé à redire. C'est qu'il avait su la prendre, avec ce magnifique bouquet et ses compliments sur son goût exquis en matière de décoration.. Emma avait senti le regard attendri de ses parents lorsqu'Armand avait proposé d'aller se promener. Comme tout cela s'annonçait bien !

    L'homme avait une belle prestance et de l'esprit et Emma pensait qu'elle pourrait bien tomber amoureuse et bientôt faire un beau mariage comme sa soeur ainée. Armand lui parlait de ses études et de sa carrière, mais Emma laissait divaguer ses pensées, s'imaginait dans une magnifique robe blanche, entourée d'une centaine d'invités dans le parc du Manoir...

    Une légère brise bienvenue par cette chaude journée d'été ébouriffait un peu ses mêches brunes, elle se sentait jolie. C'était sûrement pour cette raison qu'Armand lui avait soudainement pris la main. Il n'y avait pas de mal à ça après tout.

    Elle fut un peu plus contrariée lorsqu'il lui suggéra de s'asseoir un moment  sur l'herbe tendre, elle allait salir sa jolie tenue, elle n'avait pas prévu de couverture pour se protéger des insectes par exemple. Enfin elle supposa qu'elle devait se montrer aimable et ne pas le froisser (à défaut de ne pas froisser sa tenue).

    Il ne  parlait plus de ses projets, il évoquait sa solitude de célibataire, un besoin de tendresse . Cela l'étonna : avec ses chers parents elle ne se sentait pas seule, mais elle préféra ne rien dire.

    Et tout à coup, alors qu'elle ne s'y attendait pas, il l'avait prise dans ses bras et l'embrassait avec fougue. Elle ne voulait pas, pas encore, après tout c'était un inconnu, elle essaya de le repousser  mais il la serrait de ses bras forts "non, non" parvint  elle à articuler "allons, ne fais pas ta mijaurée, tu ne demandes que ça ! ".

    Elle ne reconnut pas sa voix qui était devenue rauque et brutale. Elle ne demandait rien et surtout pas qu'il la serre de cette façon !  Il la renversa en arrière et avec horreur elle sentit qu'il essayait de relever sa jupe, l'autre main la maintenant toujours contre le sol et sa bouche qu'elle trouvait répugnante à présent toujours pressée contre ses lèvres.

    Une panique totale l'envahit, elle parvint à tourner la tête et à s'écria : "au secours, au secours !! "

    Sa chance fut que deux ouvriers qui réparaient l'aile gauche du Manoir de son père, passaient par là à ce moment et l'entendirent. Ils vinrent voir ce qui se passait et comprirent aussitôt de quoi il retournait. L'un tira par le col l'agresseur l'envoyant valdinguer quelques mêtres plus loin, l'autre aida la fille du Comte en larmes et tremblant de tous ses membres à se relever et à remettre de l'ordre dans sa tenue "Venez Mademoiselle, je vais vous raccompagner chez vous, prenez mon bras, garde celui-là, Georges, le temps que je prévienne là-bas

    Armand se rassit et maugréa : "Ben quoi, on s'amusait, y a pas mort d'homme ! Une absence totale d'humour rend la vie impossible !

     


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    Mais voilà qu'il flotte...

     

    john-salminen10

    John Salminen

     

    "En haut de la rue Saint-Vincent, un poète et une inconnue,
    S'aimèr'nt l'espace d'un instant, mais il ne l'a jamais revue.
    Cette chanson, il composa, espérant que son inconnue,
    Un matin d'printemps l'entendra quelque part au coin d'une rue."

    (La Complainte de la Butte)

     

     

    C'est de "l'espace de l'instant" que je voudrais que vous me parliez

     

    Elle rentrait chez elle au volant de sa voiture, elle rentrait vers le désastre. Ou bien, elle n'en était plus sûre, était-elle à pied ?  Elle ne se dépéchait pas. Qui aurait hâte de se retrouver dans cette maison désertée par ceux qu'elle avait tant aimé et qui étaient, l'un après l'autre, partis étrenner leurs ailes neuves vers d'autres cieux ?

    Il restait un mari taiseux, surtout préoccupé de ses propres rêves et d'une vie professionnelle trépidante.

    Elle aussi aurait voulu du rêve, de la vie, mais il n'y avait que cette fin d'après-midi d'hiver avec la nuit qui tombait déjà, un crachin humide et froid et la perspective d'une soirée morne.

    C'est alors qu'elle le vit, sur le trottoir. Il arrivait vers elle. Il la regarda avec attention et esquissa un sourire. C'est plutôt rare de regarder la conductrice d'une voiture, même si elle est tout près, alors elle devait être à pied et marcher sur le même trottoir, l'un allant vers l'autre.

    Il était tout à fait à son goût : un beau visage fin, une tignasse, un regard franc posé sur elle. Qu'est ce qu'il pouvait bien lui trouver ? Une femme plus très jeune et un peu déprimée, sûrement pas beaucoup d'éclat.

    Elle n'était pas du genre à divaguer, à s'imaginer des choses mais elle eut pendant ces quelques secondes (et longtemps après)  l'absolue certitude qu'elle croisait ce que les romanciers appellent son "âme soeur", celui qui lui était destiné.

    Mais zut, pourquoi si tard ??

    Elle le croisa le coeur en déroute et continua son chemin (ou elle redémarra lorsque le feu repassa au vert) et rentra chez elle.

    Elle repassa souvent à cet endroit dans l'espoir d'une nouvelle rencontre mais cela ne se reproduisit pas. De toutes façons, pas plus que la première fois,  elle n'aurait rien osé dire ou faire.


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