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    couloumy annefrancoise 5

    "C'est maintenant que vous arrivez !! Deux heures que je vous appelle, j'ai même envoyé le gamin au commissariat !"

    "Bonjour Madame, je ne sais pas si vous êtes au courant de l'attentat avenue Trudaine ? Toutes nos équipes étaient là-bas".

    "Oui, je sais, je sais, quelle horreur tout ça, mais quand même, on avait besoin de vous ici, je le crains"

    "Que se passe-t-il ?"

    "Il se passe qu'il y a une famille là-dedans, derrière cette porte, et que j'ai beau taper, personne ne répond, même pas le chien ! "

    "Reprenons du début. Nom, Prénom et qualité ".

    "Marcelline Dubois. Je suis la concierge de cet immeuble, quasi vide en ce moment avec les vacances scolaires"

    "Et ? "

    " Hé bien ici c'est une dame qui loge avec ses deux petits enfants et un chien, un golden retriever, c'est pas bien malin un gros chien comme ça dans un si petit appartement, mais bon, chacun voit midi à sa porte"

    "Trois personnes donc"

    "Oui, enfin non, depuis quelques mois la dame elle a rencontré quelqu'un. Je dois dire qu'il me plaisait pas beaucoup. Elle une si jolie femme, si douce et ce type, le genre qui vous regarde pas en face si vous voyez ce que je veux dire, l'air sournois et sombre. D'ailleurs il y avait pas mal de disputes".

    "Des violences ? "

    " Je ne sais pas trop, vous savez, il peut s'en passer des choses derrière une porte fermée. En tout cas les enfants, pauvres petits, ils n'étaient plus pareils depuis quelques temps, ils avaient perdu le sourire"

    "Pourquoi nous avez vous appelé cette nuit, Madame Dubois ? "

    "Il y a eu des cris et des bruits comme des meubles qu'on renversait et ça durait, ça durait . Je suis montée mais  personne pour m'accompagner, j'ai eu peur, je n'ai pas osé frapper à la porte, vous comprennez, je suis plus toute jeune... J'ai entendu les enfants qui criaient aussi, mon Dieu... Alors je suis redescendu pour vous téléphoner et alors que je raccrochais le téléphone, votre collègue m'a dit qu'il allait faire son possible pour envoyer quelqu'un, j'ai entendu une cavalcade dans l'escalier et la porte d'entrée qui claquait. J'ai couru à la fenêtre et j'ai vu un homme qui courait, je suis sûre que c'était le type ! "

    "Celui qui vivait avec cette dame ? "

    "Oui ! Après j'ai retéléphoné et j'ai envoyé mon gars au commissariat. Et vous voilà enfin !  Oh monsieur l'Agent, même le chien il ne répond pas... On n'entend plus rien, même pas un pleur, ça me fait tellement peur... une si jolie petite famille..."

    " Madame Dubois vous allez redescendre dans votre loge, les ambulances ne vont pas tarder si elles peuvent arriver jusqu'ici car comme vous le savez le quartier est bouclé, mais déjà je vais voir ce que je peux faire"

    "Je peux peut être me rendre utile ?

    "Dans ce cas mon adjoint viendra vous chercher, mais redescendez Madame, croyez-moi, c'est préférable. Nous allons maintenant nous occuper de cette porte".


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  • un heureux événement ?

     Le jeu de Lakévio

    Jeff Rowland-1964-LetinRain

     

    Elle se fichait de la pluie qui la trempait jusqu'aux os. Elle n'avait même pas pris la peine d'emporter son parapluie. Il l'attendait bien au sec dans l'entrée. La seule chose qui comptait pour elle était que son mari, parti en voyage d'affaires depuis deux mois, avait sauté du train et courait maintenant vers elle et tant pis si ses pieds mouillés lui occasionneraient un rhume dans les prochains jours.

    Bertrand sera auprès d'elle d'ici quelques secondes ! Elle pourra enfin lui annoncer cette nouvelle qui lui occupe l'esprit, au point d'y penser nuit et jour, depuis un bon mois . Comment va-t-il réagir ? Il sera sûrement bouleversé, c'est normal,  c'est un homme sensible.

    C'est une nouvelle tellement importante qui va bouleverser leurs vies, après rien ne sera plus jamais comme avant. Elle est certaine que ce sera un changement bénéfique pour tous les deux : fini de se regarder dans le blanc des yeux, ils vont pouvoir envisager l'avenir sous un nouveau jour. Comme elle est heureuse !
    D'ailleurs ça se voit déjà : sa démarche est plus déliée, son teint s'est éclairci, ses cheveux sont magnifiques et elle n'a plus ces contractures douloureuses dans le dos ni ces migraines tenaces qui lui gâchaient certaines journées. Vraîment ça lui réussit, elle l'a vu ces jours-ci dans les yeux des passants : elle est bien plus belle, épanouie... Elle est une autre femme !

    "Ma chérie ! Comme je suis heureux ! Alors, dis-moi vite c'est quoi cette grande nouvelle que tu voulais m'annoncer, tu as piqué ma curiosité ? Oh mais que tu es belle ! "

    "Merci mon Chéri, oui je me sens très bien, très très bien même !"

    "Mais tu ne vas pas prendre froid là ? Tu n'es même pas assez couverte, ce n'est pas raisonnable"

    " Ne t'inquiète pas Chéri, je suis en pleine forme"

    " Rentrons vite nous mettre à l'abri de cette pluie, et dis moi vite, je suis impatient de savoir ..."

    "Et je suis impatiente de te le dire : voilà, Chéri, j'ai bien réflêchi, et mis à profit ces mois pour tout organiser et pour t'éviter le moindre tracas matériel, tout est prêt et tu n'auras à t'occuper de rien, je sais combien tu dois être fatigué après ce long voyage.."

    "Je t'en remercie, Chérie, tu es toujours tellement prévenante, mais de quoi s'agit-il ? J'ai bien ma petite idée...

    "Ah ? Tu pourrais avoir deviné ? Dis moi .."

    "Non non, c'est à toi de me le dire, allez je t'écoute "

    "Et bien voilà mon Chéri, j'ai pris une décision qui va peut-être t'étonner au départ, peut-être même un peu te contrarier, mais très vite tu comprendras que c'est la bonne, nous allons être tellement heureux, nous n'étions pas malheureux, bien sûr, mais ce sera tellement mieux, finie la solitude à deux, très sécurisante, j'en conviens, mais un peu étriquée non ? Voilà j'ai bien réflêchi, bien pesé le pour et le contre,  et j'ai déjà déménagé mes affaires  : je te quitte.

     

    (vous vous attendiez à autre chose ?? gniark gniark !)


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  • (le jeu de Lakévio)

     

    alfred de richemont - crepes-waffles-pancakes

     

    Alfred de Richemont

     

     

     

    Bon Appétit !

     

    Mais attention, avant de manger, il faut travailler !...

     

     

     

    Sur cette heure délicieuse d'Alfred de Richemont, je vous propose un texte à trous. Il s'agit d'en trouver essentiellement les verbes ( au nombre de  15 ) qui animeront votre histoire. Faites un récit comme il vous sied, humoristique, sombre, scientifique, philosophique, ésotérique, voire érotique !... Biensûr, vous pouvez étoffer et compléter les phrases mais ne rajoutez pas de verbes.

     

     

     

    (X, personne 1) et ( Y, personne 2) ... 

     

    Ils ne ...   Ils ne se regardent pas. 

     

    Pourtant X ... mais Y .... Pourtant Monsieur De Villeréal, à son habitude, fait l'étalage de son savoir et de son habileté, mais Louisette, mal à l'aise, enrage . 

     

    Tandis qu'il ... , elle ... mais elle ne ... Tandis qu'il s'affaire avec la crêpe, avide de compliments et de reconnaissance,  elle se contente de sourire bêtement mais elle n'en pense pas moins.

     

    Parfois, elle ... , alors il ...  Parfois elle met avec succès des limites à son empressement à son égard, alors il se calme quelque temps...pas longtemps, hélas...

     

    Cependant, il... ; elle ...  Cependant, il  recommence toujours ; elle n'en peut plus de cette insistance.

     

    Souvent, ils... Souvent, ils se retrouvent ainsi en porte-à-faux, elle la servante, servie, et lui le maître, servant. Quel embarras et quelle honte !

     

    Surtout lorsqu'elle... et qu'il... Surtout lorsqu'elle a montré , comme dans la situation présente, une faiblesse, en l'occurence le feu trop fort et la première crêpe ratée et qu'il se place aussitôt en   sauveur d'une situation, pas du tout mal engagée et  facile à corriger la plupart du temps

    Mais, en fait, ils... Mais en fait ils jouent ainsi au chat et à la souris, enfin surtout lui.


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    jorge santos-love-letters-submission

     

    Sur ce que vous inspire la toile de Jorge Santos, peintre surréaliste américain, vous voudrez bien placer les dix mots suivants dans votre texte en les soulignant ou surlignant. pour mieux les repérer.

     pourriture

    dilettante

    carpaccio

    ecchymoses

    roulage

    tenture

    équivoque

    pourchasser

    s'abstiendra(heu, Lakévio n'y a que neuf mots !!)

     

    Cette pourriture, faudra pas qu'elle vienne se plaindre de ses ecchymoses, la prochaîne fois elle s'abstiendra ! Ah elle ne pensait pas que j'allais assister au roulage de pelle avec le commis boucher, ce dilettante  incapable de rendre correctement la monnaie pour sa sale bidoche ! Juste bon à se cacher derrière la tenture de l'arrière-boutique quand il m'aperçoit, comme si j'allais perdre mon temps à pourchasser un tel ringard !

     

    Aussi je comprends maintenant pourquoi elle voulait toujours du carpaccio ! La viande crue faut que ce soit très frais, alors forcément , faut retourner à chaque fois à la boucherie, ben tiens !

     

    Enfin maintenant, avec le coquard qu'elle va se traîner à l'oeil droit, ce sera sans équivoque : s'il veut continuer à faire le joli coeur, il saura de quel bois je me chauffe !


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    paris annees 50

    Le Jeu de Lakévio

     

    Au moins deux fois par semaine Maman me traînait chez Monsieur Amédée. Je ne voulais pas y aller, je traînais des pieds. Elle se fâchait et me tirait par le bras au point de me faire trébucher dans l'escalier du métro, ce gouffre sombre où nous allions nous jeter quittant la rue et le soleil. " Mais dépêches toi donc ! Arrête de faire ta mauvaise tête ! Nous allons être en retard si ça continue ! Tu voudrais mécontenter Monsieur Amédée ? Tu sais pourtant comme il est bon pour nous. Qu'est ce que nous deviendrions sans lui avec ton coureur de père qui nous a laissé sans ressources. Et tâche d'être aimable je te prie ! "

    Je détestais Monsieur Amédée. D'abord il était très laid avec ses gros sourcils noirs et son grand nez. Et puis je trouvais qu'il sentait mauvais. Et puis, même s'il me souriait, je voyais bien qu'il aurait préféré que je ne sois pas là quand Maman venait travailler chez lui. Déjà il ne me souriait pas du tout lorsqu'il arrivait qu'elle soit dans une autre pièce.

    Il me faisait asseoir dans le fauteuil près de la fenêtre et je n'avais pas le droit d'en bouger . Il me collait un livre entre les mains mais c'était un livre pour grand et je ne savais pas encore assez bien lire. Maman se mettait à la table et elle tapait sur une machine à écrire des lettres qu'il lui donnait. Ca , la machine à écrire, j'aurais  bien aimé la faire marcher mais je n'avais pas le droit de la toucher.
    Après les lettres ils me disaient de ne pas bouger, qu'ils devaient finir un travail dans la pièce d'à côté et ils me laissaient tout seul.

    C'était long et comme la nuit tombait et qu'ils n'avaient pas allumé la lumière je me retrouvais presque dans le noir, avec juste la lumière de la rue. Il m'arrivait de m'endormir mais le plus souvent je m'ennuyais et avait hâte de rentrer chez nous ou même de retrouver l'école.

    Quand ils reviennaient c'était pire. Lui il avait l'air content et il me faisait encore plus peur car il parlait et riait  fort et me pincait la joue ou l'oreille à me faire mal "Alors le petit bonhomme a été sage ? "  Et Maman ce n'était plus Maman, c'était une autre personne, elle ne me regardait pas, les yeux dans le vide, elle m'habillait très vite et me poussait dehors. En général elle ne parlait pas pendant tout le chemin du retour et je n'avais pas intérêt à la contrarier parce qu'elle se mettait tout de suite en colère. Elle aussi elle me faisait peur. Elle marchait si vite que j'avais du mal à la suivre "Tu peux arrêter de traîner comme ça ? Mais quel lambin toujours à révasser ! Tu crois que c'est ça la vie ? Révasser et prendre du bon temps ? Ah certainement pas ! La vie il faut en encaisser, tu peux me croire, on rigole pas tous les jours ! Enfin toi, au moins, t'as de la chance d'être un gars, parce que nous , les femmes ... "

    Et puis un jour on n'a plus eu besoin d'y aller chez Monsieur Amédée mais c'était pire parce que Maman elle s'y est intallée et moi je suis parti chez mes grands-parents à la campagne "on n'a pas le choix, mon Léon, Monsieur Amédée il ne veut pas d'enfant à la maison, et moi je dois faire ma vie tu comprends, si ton coureur de père ne  nous avait pas abandonnés, nous n'en serions pas là." 

    Je suis bien chez mes grands-parents, ils sont gentils et ils ont une ferme pleine d'animaux mais Maman ne vient pas souvent me voir. Et quand elle vient elle n'arrête pas de regarder l'heure à l'horloge de la cuisine.

    "T'es donc ben pressée de repartir !" lui a dit un jour Mémée.

    "C'est que... j'ai  profité qu'il avait un rendez-vous de travail mais il faut que je sois de retour avant lui pour pas qu'y se doute"

    "Se doute de quoi ? Que t'as un gamin et que t'as envie de le voir ? Et des parents aussi ! "

    Maman n'a pas répondu mais elle est repartie encore plus tôt que d'habitude cette fois-là et depuis elle n'est jamais revenue.


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