•  

    devoir de lakevio du gout_33.jpg

    Peu de monde, très peu de monde dans cette rue qui descend du Sacré-Cœur vers la place Saint-Pierre.
    Je peux vous le dire, lectrices chéries, cette rue faite d’escaliers est la rue Paul Albert.
    Mais où va cette femme qui les descend sous la pluie ?
    Quel devoir ou quelle aventure la mène ?
    Qu’est-ce qui la pousse à sortir alors que, dans tout le pays, chacun est appelé à rester chez soi ?
    Si vous avez une idée, nous la lirons tous avec plaisir, intérêt ou le cœur serré, c’est selon.
    Mais nous la lirons lundi puisque désormais, c’est « l’école à la maison »…

    Vite !  Il me faut un quart d'heure pour arriver là-bas et la même chose au retour. Donc une demi-heure sur place. Ce n'est pas beaucoup. Je lui ai téléphoné il m'attend, il m'a dit qu'il n'en pouvait plus : trois semaines sans nous voir !

    J'ai noté promenade sur l'attestation, ou sport, je ne sais plus. Dans un sens ce n'est pas tout à fait un mensonge, c'est une forme de sport, non ? Une demi-heure ce n'est pas beaucoup...

    Il a fait la même chose, nous nous retrouvons à mi-chemin chez un ami qui a quitté Paris avant le confinement.

    J'ai dit à Edmond que j'avais besoin de marcher. Il peut bien s'occuper des enfants un peu, lui qui a la chance d'avoir gardé son travail. Moi je deviens chèvre toute la journée enfermée avec les petits, les devoirs, les jeux, les empêcher de se disputer, etc...

    Et surtout plus de rendez-vous avec Fabien. Depuis trois semaines...

    J'ai enfin réussi à le contacter et j'ai bien l'intention de rattraper le temps perdu ! Mais une demi-heure, ce n'est pas beaucoup...

    Bien sûr j'ai droit à une heure par jour mais Fabien est tellement pris à l'hôpital, plus sa famille, il n'est pas très disponible. Dommage...


    14 commentaires
  •  

    devoir de Lakevio du Goût_31.jpg

    Quinze jours déjà que je ne suis pas sortie, enfin à part pour le ravitaillement. Bien sûr certains diront que je n'ai pas à me plaindre, que j'ai une belle vue. Certes, mais pas de balcon, pas de terrasse et voir cette plage où l'on n'a pas le droit d'aller, baignée de soleil.

    Les enfants sont chez leur père et maintenant il n'y a plus de train pour qu'il me les ramène. Je sais qu'ils sont bien mais ils me manquent... Je me raisonne en me disant qu'ils seraient encore plus malheureux que moi devant cette plage innaccessible où ils passent tant de temps d'habitude.

    Comme les journées sont longues sans voir personne... Armand est chez lui avec sa femme et ses enfants, il ne peut même pas s'isoler pour m'appeler. Voilà ce que c'est que de sortir avec un homme marié !

    J'appelle mes parents tous les jours. Eux au moins ils sont deux même s'ils se chicanent à longueur de journée, ça les occupe. Et puis il y a Rex, ils le promènent à tour de rôle. J'appelle aussi mes copines, mais au bout d'un moment, on n'a plus grand chose à se raconter puisqu'on ne fait rien.

    Il ne faut pas se plaindre, il y a des gens qui meurent, en partie à cause de ce Gouvernement incompétent qui n'a pas su prendre les dispositions qui s'imposaient à temps, uniquement préoccupé de leurs élections à la noix, incapable de procurer masques et autres protections à sa population, y compris aux soignants qui vont tomber comme des mouches, alors que la menace approchait depuis déjà plusieurs semaines, incapable maintenant d'autoriser un médicament qui semble efficace et pendant ce temps là les gens meurent. J'espère qu'ils devront rendre des comptes une fois les choses rentrées dans l'ordre.

    Mais quand ? Je vais devenir folle moi entre mes quatre murs ...


    votre commentaire
  •  

    devoir de Lakevio du Goût_28.jpg

    Cette toile me raconte une histoire...
    Et à vous, que dit cette toile d’Aldo Balding ?
    Dites lundi ce que cette image vous inspire…

    "C'est lui. Je le vois dans l'autre glace qui avance vers ma table. Bon, l'allure générale est bonne. Il est grand, bien habillé. En voici enfin un qui n'a peut être pas menti sur son apparence et mis une photo ancienne ! Je vais voir s'il a un tant soit peu de conversation. Pas comme celui de la semaine dernière qui n'arrivait pas à aligner correctement trois mots !
    J'ai fait exprès de lui donner rendez-vous dans ce café "belle époque", pour situer un peu le niveau. C'est que je ne suis pas n'importe qui ! Je veux quelqu'un de distingué comme moi. Il a annoncé "chef d'entreprise" mais , après tout , même un boulanger a une entreprise si l'on veut ! Ce n'est pas que l'argent me motive, j'en gagne assez pour deux, mais je veux quelqu'un qui ne me fasse pas honte en Société.
    Ma mère me dit que je suis trop difficile et que je ne trouverai jamais. "l'horloge biologique tourne, ma fille !" Je t'en foutrais des horloges biologiques ! De toutes façons je n'ai jamais voulu d'enfants, mais si je lui dis ça elle va me piquer une crise, elle n'attend que ça depuis que j'ai passé mon bac !
    C'est pourquoi je sélectionne des divorcés qui ont déjà des enfants, comme ça je suis tranquille, et si possible des enfants assez grands pour qu'ils n'aient vite plus envie de venir passer leur week-end sur deux en famille !
    Celui là a une fille de quatorze ans, parfait : elle ne devrait pas nous casser les pieds trop longtemps.
    J'espère que ça va marcher, j'en ai assez de passer autant de temps sur ce site de rencontre à écouter les pleurnichailleries de laissés-pour-compte ou les allusions graveleuses des obsédés.

     

    Je l'aperçois assise à cette table. Elle n'a pas l'air commode ! Et ce lieu, si vieillot, quel drôle de choix .... Bon elle n'est pas toute jeune mais ça je le savais. Mon choix s'orienterait plutôt vers une femme ayant eu une vie, une famille, des enfants, pourquoi être restée seule si longtemps ? Elle m'a dit avoir privilégié sa carrière. Encore un drôle de choix.
    Enfin on verra bien...J'ai entrepris cette recherche après le départ d'Elisa pour prendre un nouveau départ. Ca a été tellement dur cette séparation...et ne plus partager le quotidien de ma petite Emma.
    J'ai déjà rencontré cinq femmes mais je n'ai jamais eu envie d'approfondir. Cette démarche me pèse, c'est mon frère qui a insisté pour que je m'inscrive à ce site, il ne se rend pas compte comme les soirées sont longues face à des inconnues qui vous ennuient ! Rien que sa pose à elle me déplaît déjà : appuyée sur ses coudes, le visage fermé, on la sent prompte à juger, à trancher dans le vif. Elisa était si douce, si chaleureuse, enfin jusqu'à ce que ça dérape...

    Bon il faut y aller

    - Nicole ?

    - Oui ! Vous êtes Bernard ? Enchantée !


    votre commentaire
  •  

     

    devoir de Lakvio du Goût_27.jpg

    Si vous commenciez votre devoir par :
    « Distendu, ralenti, comme dans un rêve, c’était la musique d’Avril au Portugal. »
    Le terminiez par :
    « Et de nouveau son regard s’attardait sur mes mains. »
    Tout ça en brodant pour lundi une histoire autour de cette aquarelle de John Salminen.
    Ça vous dit ?

    "Distendu, ralenti, comme dans un rêve, c'était la musique d'Avril au Portugal", cet air sur lequel nous aimions danser avec Jacques,  que j'entendais dans ma tête alors que je la suivais sans qu'elle s'en rende compte.

    Elle ne savait pas qui j'étais , alors elle ne se méfiait  pas. Moi par contre je savais. Je savais que c'était cette femme qui était en train de me prendre mon mari !  N'y a-t-il pas assez d'hommes libres dans cette ville ? Il n'est même plus très beau si je suis objective, mais bon moi j'y tiens, tel qu'il est ! 
    Mais je sais aussi que c'est un faible... Ca me plaisait ce côté un peu vulnérable mais ça n'a pas que des avantages sur le long terme !

    Donc je l'ai suivie. Pendant une bonne heure. Elle rentrait chez elle, elle avait assez traîné dans les magasins !

    Je connaissais son adresse. En plus d'être amoureux-transi Jacques est aussi très distrait . J'y étais déjà allée en repérage.

    Alors voilà ce qu'il s'est passé, je l'ai suivie dans le hall d'immeuble. C'est à ce moment qu'elle a pris conscience de ma présence et qu'elle s'est retournée. Alors, sans réfléchir je me suis jetée contre elle et je lui ai serré la gorge, de plus en plus fort. Au début elle s'est débattue mais la colère que j'avais accumulée ces derniers mois a décuplé mes forces. J'ai serré jusqu'à ce qu'elle ne bouge plus.

     

    Vous l'avez tuée me dit l'inspecteur "et de nouveau son regard s'attardait sur mes mains".


    2 commentaires
  •  

    devoir de lakevio du gout_24.jpg

    La sale petite garce !

    Je ne pouvais quand même pas la violer, pas envie de me retrouver sous les verrous pour une petite idiote comme ça, j'en ai déjà une autre en vue qui se laissera faire j'en suis sûr.

    Ah ! En courant comme une folle, elle vient de se tordre la cheville, bien fait ! Elle court en boitant maintenant, mais qu'est ce qu'elle croit ? Que je vais lui courir après ? Elle peut bien aller au Diable !

    Mais elle me le paiera :  je vais passer quelques coups de fil et elle ne décrochera plus un rôle de sa vie. Jamais ! Elle n'aura plus qu'à aller faire des ménages. Pauvre gourde !

    Mais qu'est ce qu'elle s'imaginait ? Que je l'invitais "gratuitement" au restaurant et que si elle venait prendre un dernier verre chez moi, c'était pour parler de la pluie et du beau temps ? Ou du rôle que je lui avais promis ?  Elle devait bien se douter quand même ! Même si elle n'a pas dix-huit ans, il serait temps qu'elle entre dans le monde des adultes.

    Et puis quand on est roulée comme ça, faut que ça serve non ? Une bombasse qui se met à pleurer comme une gamine et qui, soit dit en passant, m'a cassé un pied de lampe en se débattant comme une hystérique. Enfin je lui ai quand même fichu une torniolle dont elle se souviendra, elle devrait avoir un beau coquard demain et pour quelques jours, bien fait. 

    Ca l'a tellement sonnée sur le coup que cela aurait été facile... mais je ne suis pas fou, je ne veux pas d'ennui. Je me rattraperai avec l'autre postulante ce soir même. Et même que  je ne vais pas la ménager, elle paiera pour sa copine, le rôle elle va devoir le mériter ! Elle est tout aussi bien roulée. C'est l'avantage dans mon métier, on est gâtés ! Les avantages "en nature" en quelque sorte.


    6 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique