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    45ème devoir de Lakevio du Goût.

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    Ce couple me dit quelque chose, mais quoi ?
    Et à vous ? Que dit il ?
    Lundi on le saura sans doute…
    Mais ce serait bien si vous y mettiez les mots :
    - Moraux.
    - Ensemble.
    - Incapable.
    - Avril.
    - Fou.
    - Muet.
    - Cavalier.
    - Genou.
    - Claire.
    - Conte.

     

     

    American Gothic, C.1930 - Grant Wood - Art On Canvas | Gothique ...

    - Claire ! Claire !

    - Oui Monsieur le Conservateur ? Que se passe-t-il ?

    -Ce qu'il se passe ? Où sont mes fermiers du Midwest ? Vous voulez me rendre fou ?

    - Je ne comprends pas... Quelqu'un a remplacé le tableau par celui-ci avec des animaux, ils vont bien ensemble remarquez ...

    - Claire, vous travaillez ici depuis avril, vous avez bien dû remarquer que chaque tableau est équipé d'un système d'alarme et qu'il y a que nous qui connaissons le code pour le désactiver, alors ne me racontez pas de conte ! Si le précédent tableau ne réapparait pas dans l'heure j'appellerai la Police.

    - Oh non Monsieur, pas la Police ! Je vais tout vous dire : c'est mon neveu Alphonse qui a voulu faire une farce, le pauvre est sourd et muet mais a un véritable talent artistique, comme vous pouvez le constater, et il adore les animaux, il a seulement voulu se faire connaître puisque nous allons avoir le vernissage de l'exposition ce soir.

    - Mais il n'a donc pas de scrupules moraux votre neveu ? C'est d'un cavalier de se conduire ainsi ! Où se trouvent mes fermiers ? Je veux mes fermiers, pas une ménagerie !

    - Monsieur, il est absolument incapable de faire quelque chose de répréhensible, il a juste voulu saisir une opportunité . C'est un bon garçon !

    - Une opportunité ? Mais vous vous fichez de moi ! Qu'il remette tout de suite le vrai tableau à sa place, c'est juste par égard pour son jeune âge et pour son infirmité que je ne porterai pas plainte mais vous , considérez que vous ne faites plus partie du personnel de ce musée, j'attends dès demain votre lettre de démission.

    - Monsieur, je vous en supplie...je pensais que vous aviez de l'humour, j'aime tellement travailler ici !

    - Inutile de vous traîner à genoux, relevez-vous bon sang ! Je vais y réfléchir mais je ne supporterai plus le moindre écart à l'avenir et je ne veux plus voir votre neveu traîner par ici. C'est bien compris ? Et je peux vous assurer que ces paysans qui - que ce soit sous forme humaine ou animale ont le même air revêche- n'auraient sûrement pas été aussi conciliants que moi face à une telle faute !

    -Oui Monsieur, pardon,  merci.

     


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    J'ai bien compris le message : il est planté là, il attend. Il attend son dû. D'ailleurs je le savais au départ. Le jour où j'ai accepté ce dîner.

    La dernière cigarette de la condamnée, ça et ce cinq ou sixième verre de vin. Il faut bien ça. Les prostrituées ont recours aux drogues, moi c'est un cran en dessous tout de même, juste besoin d'être un peu pompette pour être plus légère, avoir l'air d'apprécier notamment. Mais comment apprécier ? Ce type de dégoûte. Il est laid, il est vieux, il pourrait être mon père !

    Il attend et je gagne du temps, encore cinq minutes.  Il n'est pas idiot, il sait bien que je n'en ai pas envie, que je me force, mais il s'en fiche. Il sait aussi que je veux ce rôle et que je n'ai pas le choix.

    Pour le sentiment il a sûrement une femme de son âge à la maison, des enfants. Moi je suis la gratification de son travail. Les candidates se bousculent et bien peu doivent refuser. Refuser c'est mettre un terme à sa carrière.

    J'espère qu'il ne va pas me faire mal, il a la réputation d'être brutal. Jusqu'à présent il était tout miel. Bien sûr on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre !

    Bon je sens qu'il s'impatiente, allez, courage... un mauvais moment à passer...


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    Nous sommes le quinze juin. C'est le jour de l'anniversaire de notre rencontre. Nous avions vingt-cinq ans à l'époque et étions tous les deux jeunes mariés, mais pas ensemble! Je sais, c'est incroyable. Nous avions tous les deux été envoyés en mission à Rome, dans cet hôtel. Le 26 était ma chambre, celle-ci, car c'est là qu'il m'a rejointe la deuxième nuit.

    Le coup de foudre. L'impression de rencontrer sa moitié, alors que chez nous se trouvait celui et celle que nous avions épousés. Après une semaine de passion folle, il nous a bien fallu prendre une décision et nous n'avons pas eu le coeur de briser nos familles. Sa femme attendait leur premier enfant.

    Alors nous avons pris la décision de nous retrouver tous les ans, quoiqu'il arrive, à la même date, dans cette même chambre. Cela fait quinze ans. La patronne fait attention à ce que cette chambre soit libre.

    J'y pense des mois à l'avance. Je ne sais pas comment il arrange cela avec sa femme mais moi comme j'ai divorcé il y a quelques années ce n'est pas compliqué : j'envoie les enfants chez leur père ou chez les grands-parents.

    Je mets toujours le même débardeur, heureusement que je n'ai pas grossi ! Et je suis sans culotte. Comme la première fois , c'était parti d'une plaisanterie entre nous, juste avant qu'il me rejoigne, que je ne serais pas chiche ! Je l'ai été ! Mais bon maintenant à quarante ans ça me fait un peu bizarre cette tenue, ou plutôt cette absence de tenue ! Je lis pour m'occuper et pour calmer ma nervosité. Toujours le même livre mais en quinze ans je n'ai pas beaucoup avancé !

    Je me demande si ça rime encore à quelque chose ? Mais à chaque fois j'ai ce genre de pensée et dès qu'il apparaît c'est toujours le même émerveillement, la même passion.

    Il est en retard. Il ne l'est jamais d'habitude. Et s'il ne venait pas ? Il n'a jamais raté un seul rendez-vous. Et s'il lui était arrivé quelque chose ? Je n'aurais aucun moyen de le savoir.

      Mon Amour est quelque part, en chemin vers moi je l'espère, ou, sinon, je ne pourrai pas le joindre, pas lui dire au revoir.

    Mais qu'est ce que je deviendrais s'il ne venait pas ? S'il était malade ou mort ?

    Mais qu'est ce que je vais faire ? Attendre toute la nuit et repartir demain matin sans l'avoir vu ? Partir vers quoi ?


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    Peu de monde, très peu de monde dans cette rue qui descend du Sacré-Cœur vers la place Saint-Pierre.
    Je peux vous le dire, lectrices chéries, cette rue faite d’escaliers est la rue Paul Albert.
    Mais où va cette femme qui les descend sous la pluie ?
    Quel devoir ou quelle aventure la mène ?
    Qu’est-ce qui la pousse à sortir alors que, dans tout le pays, chacun est appelé à rester chez soi ?
    Si vous avez une idée, nous la lirons tous avec plaisir, intérêt ou le cœur serré, c’est selon.
    Mais nous la lirons lundi puisque désormais, c’est « l’école à la maison »…

    Vite !  Il me faut un quart d'heure pour arriver là-bas et la même chose au retour. Donc une demi-heure sur place. Ce n'est pas beaucoup. Je lui ai téléphoné il m'attend, il m'a dit qu'il n'en pouvait plus : trois semaines sans nous voir !

    J'ai noté promenade sur l'attestation, ou sport, je ne sais plus. Dans un sens ce n'est pas tout à fait un mensonge, c'est une forme de sport, non ? Une demi-heure ce n'est pas beaucoup...

    Il a fait la même chose, nous nous retrouvons à mi-chemin chez un ami qui a quitté Paris avant le confinement.

    J'ai dit à Edmond que j'avais besoin de marcher. Il peut bien s'occuper des enfants un peu, lui qui a la chance d'avoir gardé son travail. Moi je deviens chèvre toute la journée enfermée avec les petits, les devoirs, les jeux, les empêcher de se disputer, etc...

    Et surtout plus de rendez-vous avec Fabien. Depuis trois semaines...

    J'ai enfin réussi à le contacter et j'ai bien l'intention de rattraper le temps perdu ! Mais une demi-heure, ce n'est pas beaucoup...

    Bien sûr j'ai droit à une heure par jour mais Fabien est tellement pris à l'hôpital, plus sa famille, il n'est pas très disponible. Dommage...


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    Quinze jours déjà que je ne suis pas sortie, enfin à part pour le ravitaillement. Bien sûr certains diront que je n'ai pas à me plaindre, que j'ai une belle vue. Certes, mais pas de balcon, pas de terrasse et voir cette plage où l'on n'a pas le droit d'aller, baignée de soleil.

    Les enfants sont chez leur père et maintenant il n'y a plus de train pour qu'il me les ramène. Je sais qu'ils sont bien mais ils me manquent... Je me raisonne en me disant qu'ils seraient encore plus malheureux que moi devant cette plage innaccessible où ils passent tant de temps d'habitude.

    Comme les journées sont longues sans voir personne... Armand est chez lui avec sa femme et ses enfants, il ne peut même pas s'isoler pour m'appeler. Voilà ce que c'est que de sortir avec un homme marié !

    J'appelle mes parents tous les jours. Eux au moins ils sont deux même s'ils se chicanent à longueur de journée, ça les occupe. Et puis il y a Rex, ils le promènent à tour de rôle. J'appelle aussi mes copines, mais au bout d'un moment, on n'a plus grand chose à se raconter puisqu'on ne fait rien.

    Il ne faut pas se plaindre, il y a des gens qui meurent, en partie à cause de ce Gouvernement incompétent qui n'a pas su prendre les dispositions qui s'imposaient à temps, uniquement préoccupé de leurs élections à la noix, incapable de procurer masques et autres protections à sa population, y compris aux soignants qui vont tomber comme des mouches, alors que la menace approchait depuis déjà plusieurs semaines, incapable maintenant d'autoriser un médicament qui semble efficace et pendant ce temps là les gens meurent. J'espère qu'ils devront rendre des comptes une fois les choses rentrées dans l'ordre.

    Mais quand ? Je vais devenir folle moi entre mes quatre murs ...


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