• La Solution

     

     

     

    J'ai lu ces mots et je me suis dit que cela correspondait exactement à mon état d'esprit actuel...

     

     

     

    luigi zucchero controluce

     

    Aquarelle de Luigi Zucchero

     

     

     

    Espérant ne pas plomber un peu plus l'ambiance, je vous propose le devoir d'étoffe, (intégrer la citation suivante dans votre texte). Extrait d'une lettre de Vincent Van Gogh. (Lettres à son frère Théo de Vincent Van Gogh)

     

    "Au lieu donc de me laisser aller au désespoir, j'ai pris le parti de mélancolie active pour autant que j'avais la puissance d'activité, ou en d'autres termes j'ai préféré la mélancolie qui espère et qui aspire et qui cherche à celle qui, morne et stagnante, désespère."

     



     

    Ne stagnez pas ! Rendez-vous lundi.
     
     

     

    Le mois de janvier est un mois difficile, long. Les fêtes sont terminées :  plus la peine d'arpenter les rues à la recherche d'idées pour gâter ses proches, presque plus d'illuminations pour égayer les rues transies de brume et de givre.Le printemps est encore très loin et si les jours rallongent c'est pour mieux s'enfermer au chaud et regarder la froidure du dehors.
    La végétation est à l'arrêt, les arbres ne sont que branches noirâtres et sinistres. Les quelques oiseaux qui résistent ne font que de brêves apparitions auprès des mangeoires que les amis des animaux approvisionnent. Pourtant ils n'ont pas à craindre les chats qui préfèrent eux aussi rester au chaud.

     

    Il manque la magie de la montagne et de la neige pour rendre tout cela attrayant.

     

    C'est ce que pensait Anatole en longeant le lac près de sa maison. Un brouillard humide et glacé que quelques rayons de soleil perçaient à peine, accentuant encore le contraste, donnait un contour flou à ses berges. C'était le lac de son enfance, celui où, peu doué, il n'avait  jamais réussi à apprendre à nager. Il faut dire que ses fonds vaseux et imprécis n'avaient rien facilité.

     

    Encore un hiver de solitude encore plus marquée maintenant que son vieux chien était mort. Les voisins se trouvaient à distanc et il se surprenait à parler aux objets, pour ne pas perdre la parole. Même le facteur ne passait plus puisqu'il ne recevait plus rien à part une facture de temps en temps.

     

    Anatole, peinant sous un sac lourd, longeait les berges boueuses. L'idée que ses chaussures allaient être fichues le fit rire. On pense à des choses parfois !

     

    Arrivé à l'endroit qu'il avait choisi, celui où autrefois il pique-niquait avec ses parents et sa soeur pendant que leur père s'essayait à la pêche à la ligne. Il posa son sac et  récita tout haut  les mots de Vincent Van Gogh, peintre qu'il adorait, mots qu'il avait appris par coeur la veille :

     

    "Au lieu donc de me laisser aller au désespoir, j'ai pris le parti de mélancolie active pour autant que j'avais la puissance d'activité, ou en d'autres termes j'ai préféré la mélancolie qui espère et qui aspire et qui cherche à celle qui, morne et stagnante, désespère."

     

    Car Anatole avait pris sa décision : il allait opter pour la mélancolie active lui aussi. Arrêter de subir et désespérer. Chercher La Solution. Le seul qui l'avait retenu jusqu'à présent était Toby qu'il aurait voué à une morte lente et douloureuse que cette brave bête ne méritait pas.
    Il serait donc acteur, ne subirait plus cette absence de vie, en quelque sorte : il ouvrit son sac et en sorti l'énorme pierre déjà attachée à une corde solide qu'il se nouat autour du cou.

     

    Puis il descendit dans l'eau glacée, ses pieds s'enfonçant dans la vase molle, et avança jusqu'à ce qu'il n'eut plus pied.

     

    Sur ce, bonne journée les amis (ha ha ha ha !!)

  • Commentaires

    1
    Lundi 21 Janvier 2019 à 13:00

    Je ris... jaune ! L'a pas compris l'Anatole ! ... Meilleure action aurait été sans doute de chercher à accueillir un nouveau Toby, non ?...

    Joyeuse semaine, Colombine. Allume le feu ! Achète des fleurs, un bon gâteau, guette le prochain rayon de soleil. Tu me fais froid dans le dos  !

    Bien joué !

    Bises

     

      • Lundi 21 Janvier 2019 à 19:47

        ha ha ha ! Ne t'inquiètes pas, c'est de la fiction !! Tout va bien ici en ce moment !

    2
    Sophie
    Lundi 21 Janvier 2019 à 16:03

    C'est bien trop souvent que j'omets de venir te lire (et pourtant j'étais une assidue de ton blog).

    Mais là, tu ne vas pas me remonter le moral ! Ah c'est "ça" que tu appelles la mélancolie active ? Hé bé. Anatole serait-il de ces lecteurs qui lisent la dernière phrase et ne retienne rien de ce qui précède ???

    Bonne fin Janvier. Le dernier du mois je fête mes zans, je t'invite !!

     

      • Lundi 21 Janvier 2019 à 19:48

        merci Sophie !  (tu ne m'as pas demandé le chemin de mon blog secret ???)

    3
    Lundi 21 Janvier 2019 à 19:04

    On dit que les désespérés qui optent pour cette solution se sentent délivrés d'un lourd fardeau et affronte la dernière épreuve avec un calme serein. Le sac chargé d'une lourde pierre dut lui paraitre léger en fin de compte Mais dans ce cas, la phrase imposée prend un tout autre sens et paradoxalement le même que celui d'un grand espoir.

      • Lundi 21 Janvier 2019 à 19:49

        ah oui, dans ce cas.. c'est exact

    4
    Mardi 22 Janvier 2019 à 16:55
    Gwen

    Comme toi, je n'aime pas le mois de janvier... Mais Anatole... vraiment ! Il est trop trop.

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