• Les divagations d'un âne

     

     

     

    Edgar Bundy - Little Donkey 1889

     

    /.../ Ma petite maîtresse m'aimait beaucoup ; elle me soignait, me caressait. Quand il faisait mauvais et que nous ne pouvions pas sortir, elle venait me voir dans mon écurie ; elle m'apportait du pain, de l'herbe fraîche, des feuilles de salade, des carottes; elle restait avec moi longtemps, bien longtemps; elle me parlait, croyant que je ne la comprenais pas; elle me contait ses petits chagrins, quelquefois elle pleurait. /.../

     

    Voici un court texte de quelques lignes. (Vous aurez reconnu Les Mémoires d'un Ane de notre chère Comtesse de Ségur). Le jeu sera d'en doubler le volume à l'aide d'adjectifs, d'adverbes et de propositions relatives ou subjonctives (qui, que, quoi, dont, où, lequel, duquel, avec laquelle, parce que, pour que, depuis que, pendant que, etc...) Rappelez-vous vos cours de grammaire ! Ben, quoi ? C'est la classe, ici !)

    Exemple :

    1) Un lapin bondissait sur le chemin quand le renard l'aperçut...

    2) Un joli lapin roux bondissait sur le chemin, libre et allègre parce qu'il venait de se sauver du clapier de la ferme, quand, par un hasard malencontreux, le renard, qui cherchait depuis longtemps de quoi se mettre sous la dent, de ses yeux perçants l'aperçut...

    Lecture des textes gonflés à bloc, lundi.

    ( désolée pas beaucoup de temps avec Mininini, mais j'ai "pondu" ça, vite fait )

     

    Ma petite maîtresse, jolie comme un coeur avec ses bonnes joues rouges d'enfant élevé à la campagne m'aimait beaucoup, plus même que l'on aime habituellement un animal, en réalité elle m'adorait : elle me soignait de ses petites mains potelées et me caressait lorsqu'elle me sentait ou du moins m'imaginait un peu mélancolique.

    Quand il faisait mauvais, que les pluies se déchaînaient ou que l'orage grondait, quand le gel givrait le sol et tout ce qui poussait et que nous ne pouvions pas sortir gambader gaîment à travers champs ou simplement nous promener paisiblement le long des chemins, elle venait de voir dans mon écurie, cet endroit sombre mais finalement tranquille avec sa bonne paille chaude pour m'isoler du sol de ciment, de peur que je ne broie du noir ce qui, de fait, ne m'arrive pas souvent, étant d'un naturel plutôt optimiste. Elle m'apportait du pain, ce bon pain cuit par sa mère fleurant bon le levain et le blé, de l'herbe fraîche qu'elle coupait dans le champ choisissant soigneusement les grandes pousses bien vertes dont elle me sait friand, des carottes que je la soupçonne de chaparder pour moi dans le potager du grand-père qui ne serait sûrement pas content s'il venait à l'apprendre. Elle restait avec moi longtemps, bien longtemps, parfois des heures entières comme s'il n'y avait pas d'autre endroit au monde plus important pour elle que ce parterre de paille, cet abreuvoir en pierre et moi debout à l'écouter de toutes mes oreilles que j'ai fort grandes. Elle me parlait de sa petite voix fluette croyant que je ne la comprenais pas alors que, bien sûr, je buvais ses paroles qui me distrayaient de ma solitude, tellement comblé par  sa présence affectueuse. Elle me contait ses petits chagrins : une mauvaise note à l'école, la méchanceté d'une autre petite fille, un jouet égaré, les reproches de sa maman pour un objet cassé. Quelquefois elle pleurait accrochée à mon cou et je sentais ses larmes sur mon poitrail. Je faisais alors attention à ne pas bouger, à ne pas troubler cet épanchement qui, je le savais, lui faisait du bien et je me régalais du contact de ses petits bras qui ne faisaient même pas le tour de mon cou.


  • Commentaires

    1
    Mardi 9 Octobre à 15:43

    Magnifiquement réussi. Je dirai même que tu as magnifié la Comtesse ! Merci d'avoir joué. je sais que ton temps est précieux. Donc, merci +++

    2
    Mardi 9 Octobre à 20:07

    bah ça me détend pendant que bébé-pot-de-colle fait la sieste happy

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