• le  fauteuil

    adeline goldminc-tronzo

     

    Adeline Golminc-Tronzo

     

     

     

    Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?... (Lamartine)

     

     

     

    Thèse, antithèse ou j'aime/je n'aime pas. Pour ET contre, noir ET blanc.

     

    Ce fauteuil doit vous inspirer deux (courts) textes, avec des points de vue différents : un positif, un négatif.

     

     

     

    Première partie

     

    - Mais qu'est ce qu'il t'a pris d'acheter ce fauteuil jaune, et sans me demander mon avis en plus ! Je t'ai déjà dit que j'avais mon mot à dire concernant la décoration de notre maison.

     

    - Tu n'as aucun goût, si on t'écoutait, notre salon ressemblerait à ton bureau : gris, noir et beige !

     

    - Tu sais bien que je déteste le jaune ! Et ce n'est pas parce que tu pose la photo de mon père dessus que ça va m'amadouer !

     

    - Ca lui donne bonne mine, pour une fois, on peut même imaginer un sourire ce qui ne lui arrivait  jamais de son vivant !

     

    - Tu as toujours détesté mon père. Et tu as pensé au chien ? Ses pattes pleines de boue lorsqu'il rentre du jardin ? Tu vas lui expliquer peut être ?

     

    - Médor est très intelligent et pour la journée j'ai acheté un plaid, nous ne le découvrirons que lorsque nous aurons du monde. D'ailleurs si tu peux enlever tes gants ...

     

    - Rien que le regarder me fait mal aux yeux ! Et combien à coûté cette horreur ? Tu sais pourtant que je voulais m'acheter le dernier téléphone ?

     

    - Ton téléphone marche très bien , nous avions besoin d'un fauteuil pour aller avec le canapé.

     

    - Le canapé est violet, pas jaune ! Heureusement d'ailleurs...

     

    - Tu ne sais pas que ce sont des couleurs complémentaires ? Pffff... retourne donc à tes comptes  !

     

    - Je te fais remarquer que mes comptes nous font vivre et payent cette horreur justement !

     

    - Ah nous y voilà , je m'y attendais ! Parce que je ne travaille pas ! Et qui s'occupe de cette immense maison, de tes quatre enfants et du chien ! Qui te prépare à manger, fais les courses etc ! Et je n'aurais même pas droit de me faire un petit plaisir de temps en temps ! J'ai des amies qui se ruinent en bijoux et en vêtements de luxe, et moi, parce que j'ai à coeur que notre maison soit jolie et accueillante,  juste un pauvre petit fauteuil...

     

    - Ne pleure pas  Juliette, oh... je suis désolé. Mais bien sûr que tu as bien fait d'acheter ce fauteuil. Tu as raison : je n'y connais rien en déco, tu as si joliment arrangé notre maison. Et tiens, samedi, allons t'acheter un bijou, ça te ferai plaisir ? Ou une belle robe ? Hein ? Tout ce que tu voudras...

     

     

     

    Deuxième partie

     

    - Alors ? Où il est ? J'ai emmené Eva, elle voulait le voir aussi et Claudine va nous rejoindre dans l'après midi. On est impatientes !

     

    - Bonjour les filles ! Et bien : le voilà !

     

    - Ohhhhhhh ! Magnifique ! Et cette couleur : tellement tendance !

     

    - J'adore vraîment ! Ca réveille ton salon, ça donne de l'éclat aux autres teintes.

     

    - Vous ne trouvez pas le jaune trop vif ?

     

    - Mais pas du tout, au contraire, ça égaye ! Mais dis moi qu'a dit Jérome ?

     

    - Bah comme d'habitude, il déteste le changement, tout changement, il m'a fait un caca nerveux

     

    - Tu m'étonnes ...c'est pour ça qu'il y a la photo du beau-père, ha ha !

     

    - Oui, je vais la remettre dans l'album fissa !

     

    - Je parie que c'est surtout la couleur, Jérome est si ...classique.

     

    - Oui il a détesté. Il dit que ça va être salissant, surtout avec Médor...

     

    - Médor ? Et les jumeaux alors, avec leurs doigts pleins de chocolat ou de confiture . Mais tu mettras un plaid non ?

     

    - C'est ce que je lui ait dit. Il trouve que je dépense trop

     

    - Toi ? Mais tu vis en jean ! Ha ha, mon mari rêverait d'une femme aussi raisonnable. Dis moi , il ne devient pas un peu radin Jérome ? Il ne connait pas son bonheur !

     

    - C'est ce que je lui ai expliqué. Mais ne vous en faites pas les filles : samedi j'aurai ce fameux collier que j'avais repéré ! Ca lui apprendra !

     

    - Non ??

     

    - Si ! Le fauteuil ET le collier. Peut être une robe aussi, j'y réflêchis.. La prochaine fois il réflêchira avant de critiquer mes achats !

     

    - Ha ha ha ! Et dis moi, pour la table basse dont tu m'avais parlé ?

     

    - Oh je ne l'ai pas oubliée : tellement classe, et une pièce unique parait il. Bon mais je vais attendre un peu, ce sera le prochain round les filles !


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  • LE JEU DE LAKEVIO

     

    Sans têtes 

     

    karin jurick -hands of time

     

    Karin Jurick

     

     

     

    Sur ce que vous inspire la toile de Karin Jurick, vous voudrez bien placer les dix mots suivants dans votre texte en les soulignant ou surlignant. pour mieux les repérer.

     

    complémentaire

     

    epoustouflant

     

    respirait

     

    baignade

     

    tortionnaire

     

    chanteur

     

    juger

     

    aberrant

     

    pénitencier

     

    profitera

     

     

     

    A vos claviers.  Retour lundi. Mais n'en perdez pas la tête !

     

     

     

     

     

    - C'est époustouflant ce que vous me dites ma chère !

     

    - A quel sujet ?

     

    - Et bien sur le fils de notre garde-forestier, quelle horreur !

     

    - Ah : l'Emile ? Celui qui voulait être chanteur ?

     

    - Il voulait être chanteur ?

     

    - Bien sûr, il a même participé à The Voice à la télé !

     

    - Ah bon ?

     

    - Oui seulement il a été éliminé dès le début, je pense que c'est ce qui l'a rendu méchant .

     

    - Mais de là à le transformer en tortionnaire, il devait avoir des dispositions !

     

    - Oh il n'y a qu'à voir les infos à la télé, il y en a beaucoup qui ont des dispositions. Mais là quand  même il s'agissait de sa bonne amie, une gentille fille l'Emmeline qui faisait la fierté de ses parents elle venait de décrocher son CAP d'esthéticienne.

     

    - Ah je croyais que c'était de la manucure ?

     

    - Les deux ! C'est complémentaire.  De nos jours si on veut un Salon qui marche faut être polyvalent. Elle allait s'installer la pauvrette !

     

    - Si c'est pas malheureux..Ca s'est passé au lac, c'est bien ça ?

     

    - Oui, c'était au cours d'une baignade. Ils ont dû se disputer, il lui a tenu la tête sous l'eau. Quand il l'a lâchée, elle ne respirait plus, pauvre petite. On va le juger et il finira au pénitencier. Mais ne vous faites pas d'illusions : il profitera de remises de peine, comme les autres. C'est aberrant mais c'est comme ça !

     


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     (le jeu de Lakévio)

     

    nicolas ordinet

     

    - Vous avez demandé à me parler Monsieur ?

     - Oui, ça ne sera pas long : vous vous plaisez ici Martine ?

    - Oui, Monsieur, il y a du travail mais j'aime ça !

    - Très bien.. très bien... Ernest me dit que vous apprenez vite et que vous vous débrouillez bien pour les cocktails. Seulement voilà, un consommateur s'est plaint l'autre soir :  samedi. Vous lui auriez manqué de respect à ce qu'il m'a dit.

    - Samedi ? Le gros cochon complêtement saoul ! Il m'a pincé les fesses !

    - Oui, j'en conviens c'est regrettable mais vous lui avez balancé un gin-fizz à la figure, d'après lui son costume est irrécupérable.

    - Les pressings c'est pas fait pour les chiens ! Sur l'annonce on parlait de serveuse pas d'entraîneuse !

    - Je sais, je sais Martine, mais il faut faire montre d'un peu de souplesse, je le connais c'est un gros patron de l'industrie et un très bon client.

    - Ca lui donne le droit de me tripoter ?

    - Je n'ai pas dit ça.

    - Vous savez que ce n'est pas du tout le même salaire serveuse ou entraîneuse ?

    - Il n'y a pas d'entraîneuses ici, Martine, nous sommes un établissement sérieux ! Mais vous savez un sourire ça désamorce bien des situations délicates. Et vous avez un très joli sourire !

    - Vous me faites la cour Monsieur ?

    - Voyons Martine ! Je suis marié !! Vous nous avez même fort gentiment dépanné pour les enfants l'autre soir , ma femme et moi ! Je ne suis pas le genre d'homme qui...

    - Vous voyez Monsieur comme ça peut être désagréable ces situations ambigües,  souriez, ça désamorce ....et encore vous on ne vous pince pas !


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    Le devoir de Lakévio. En 100 mots.

     

    french maid pas un jour sans fessee

     1. La planque

    Bon ça m'agace un peu de ne pas porter de culotte. Mais c'est le contrat, ça et la jupe courte. Heureusement que cet appartement est bien chauffé.

    Je n'en pouvais plus de travailler à la Maison Rose alors lorsque Monsieur m'a proposé cette place, logée, nourrie, je n'ai pas hésité longtemps. Un peu de ménage mais pas trop, un célibataire qui vit seul ça ne salit pas beaucoup, et puis le reste bien sûr. Mais un client plutôt que quinze, je ne vais pas me plaindre ! En plus une copine m'a procuré du bromure à mettre dans sa soupe, je vais lui calmer ses ardeurs vite fait, il attribuera ça à l'âge et voilà tout !

     

    2. Le Testament

    Six mois d'efforts, à me laisser tripoter et plus par ce vieux barbon, pouah.. Mais j'arrive au but : aujourd'hui est le grand jour. Je me suis mise sur mon 31 , c'est à dire dans la tenue qu'il apprécie le plus, comme il dit ce vieux cochon : "pas un morceau de tissu entre toi et moi".

    Mais cette fois-ci pour pouvoir toucher il lui faudra d'abord signer....son testament (vu qu'il n'en a plus pour très longtemps) qui déshérite ses descendants à mon profit .

    Allons Louison, courage...tu seras bientôt riche ma fille ! Et franchement tu l'auras pas volé !

     

    3. Le fils éploré

    C'est la tenue que Monsieur Fils veut que je porte, toute la journée. Ca ne me gêne pas, à la Maison Rose j'y étais habituée. Mon travail c'est de m'occuper de Monsieur Père. Monsieur Fils compte sur moi pour rendre la raison à son vieux père. Moi je sais que ça ne sert à rien :  gâteux il est, gâteux il restera.

    Il me dit que c'était un coureur invétéré, un amateur de jeunes femmes et que de m'avoir, comme ça, à demeure, ça va forcément le faire revenir.
    Enfin, je me garderais bien de le détromper : me voici pourvue d'un métier fort bien payé pour le mal qu'il me donne ! D'ailleurs j'entretiens l'espoir "il s'est intéressé à mon séant, il a avancé la main pour me toucher" et autres balivernes, je ne voudrais pas perdre la place !


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  • 12 mars 2018

    les amies

     

    harold harvey 13

    Harold Harvey

     

    Les témoignages.

    Trois personnages. Trois points de vue.

     

    Brigitte, le visage dans les mains regarde Annabelle qui lit son texte avec Solange qui le lit également debout derrière elle. Brigitte leur a demandé ce qu'elles en pensent car elle l'enverra  demain au Journal et la bombe va éclater : elle y dénonce le viol qu'elle a subi de la part du Ministre il y a quelques années alors qu'elle était encore mineure.

    "ce sont mes amies, pense Brigitte, elles sauront me conseiller. Je lis la surprise sur leurs visages. Mais pourquoi ne me jettent elles pas au moins un regard, un sourire ? Je crois distinguer une expression d'incrédulité, un recul. Je ne comprends pas : elles devraient me sauter au cou, me prendre dans leurs bras, m'appeler "leur pauvre chérie". Au lieu de ça le silence, glaçant. Mais non : je me fais des idées, le texte est long, je dois leur laisser le temps, ce que je peux être impatiente !"

    Annabelle : " Un tissu de mensonges ! Brigitte a toujours été paranoïaque ! Déjà petite il fallait toujours qu'elle imagine des histoires. Monsieur Dalembert est un homme bien sous tous rapports. Un homme croyant, bon père et bon mari et qui ne regarde pas les autres femmes. Alors une gamine du même âge que sa fille ainée à l'époque, c'est impensable !  D'ailleurs j'ai passé plus d'une soirée seule avec lui au QG de campagne et jamais une parole ou un geste déplacé ! Cette pauvre Brigitte veut se rendre intéressante. Déjà maintenant ce n'est pas un canon de beauté mais à 14 ans, je me souviens bien de la maigrichonne qui rasait les murs, aucun homme ne l'aurait même remarquée !  Il devait avoir quoi ? Quarante ans ? Encore plus bel homme que maintenant, il aurait pu avoir toutes les femmes qu'il voulait, même moi,  qui en avait vingt, j'étais sensible à son charme, mais il n'en avait que pour son épouse, cette chère Edmonde. Cette pauvre Brigitte va se ridiculiser mais je ne vois pas comment je pourrais l'en empêcher ? D'ailleurs je sais bien qu'il aura les meilleurs avocats pour se tirer de là"

    Solange : "hé bien, je n'en reviens pas : le Ministre ? Un très bel homme ma foi, je ne vois pas de quoi elle se plaint ! Bien plus séduisant que son mari, ce benêt de Benoit comme nous l'appelons en cachette, Annabelle et moi. Bon apparemment il lui a un peu forcé la main, mais peut être qu'elle l'a un peu cherché ? Il y a des gamines qui s'habillent n'importe comment, surtout l'été à la campagne, on en voit qui sont indécentes, faut pas s'étonner alors ... Ce n'est qu'un homme après tout, faut pas non plus leur demander l'impossible. Bon elle a dû se faire avorter, c'est vrai que ce n'est pas une bonne expérience mais après tout ça ne l'a pas empêchée, plus tard d'avoir ses deux gamins insupportables ! Au moins elle aura vécu une aventure hors du commun dans sa jeunesse avant sa vie rangée et monotone de mère de famille, tout le monde ne peut pas en dire autant "

    Brigitte : Alors vous ne dites rien ?

    Annabelle : Si, si... Tout ça est bien regrettable, mais c'est le passé, tu ne crois pas que tu vas au devant de graves complications ? Il va te falloir prouver tout ça..."

    Brigitte : " La clinique où j'ai dû aller a sûrement conservé mon dossier !

    Solange : "ils pourront rétorquer que l'enfant était de ton petit copain de l'époque ! "

    Brigitte : J'avais quatorze ans, je n'avais encore  jamais eu de petit copain !

    Annabelle : "il y eu des témoins ? "

    Brigitte : tu t'imagines qu'il l'aurait fait si il y avait eu des témoins ? Il m'a entraîné dans la grange !"

    Solange : Passe à autre chose. Tu as une jolie famille, deux adorables petits garçons, ils risquent de comprendre certaines choses lorsque les médias vont s'emparer de l'affaire et pense à la cour de récré, les enfants sont méchants entre eux"

    Annabelle : Solange a raison. Tu as peut être noirci les faits avec les années, parfois les choses nous paraissent pire que ce qu'elles ont été. Il a peut être mal interprêté, cru que tu l'encourageais ..

    Brigitte : j'étais une enfant !!!

    Solange  : une toute jeune fille plutôt, parfois les hommes sont faibles devant leur charme naissant.."

    Brigite : j'avais un appareil dentaire !

    Annabelle : Ecoute ma petite Brigitte, fais ce qui te semble bon mais ne nous demande pas de t'encourager. A mon avis tu vas au devant des pires ennuis, mais si tu veux remuer la boue..

    Solange : la paille plutôt, ha ha , pardon... Non, ne te fâche pas c'était une plaisanterie"

    Brigitte pleure.

    Annabelle : ne pleure pas : nous sommes tes amies, nous te soutiendrons même si je doute que notre parole ait le moindre poids. Mais dis moi Brigitte ...

    Brigitte : oui ?

    Annabelle : hé bien... heu... il était...heu...bien...heu... bâti , Monsieur Dalembert ? Parce que , heu, habillé, il ...heu...présente bien..

    Solange : oui, plutôt bel homme !

    Brigitte se lève d'un bond, arrache le document des mains d'Annabelle et s'enfuit en courant.


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