• "Toute ressemblance...serait fortuite"

     

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    Vous commencerez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Ainsi, après bien des années, je me retrouvais chez moi." Propos tenu par Milan K., qui plaisante.

     

    Vous terminerez par la phrase suivante : "La vie, voyez-vous, ce n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit." Ainsi philosophe la bonne Rosalie, personnage de Guy de M., quand il raconte Une Vie.

     

    Entre les deux, casez ce que vous voulez !

     

    Ainsi, après bien des années, je me retrouvais chez moi . Enfin, pas tout à fait, disons pas très loin. Plus près je n'en ai pas envie, et surtout pas l'autorisation.

    Ahhh boire une bière bien fraîche à la terrasse d'un café... personne ne peut imaginer le bonheur que cela procure après vingt-six ans d'enfermement ! Vingt six ans à cogiter sur la grosse connerie que j'ai faite.

    J'étais démasqué, si je ne voulais pas qu'ils l'apprennent, je n'avais pas d'autre choix. C'est ce que j'ai dit aux juges. Il m'aurait été insupportable de voir leur expression lorsqu'ils auraient appris que je n'avais été qu'un imposteur toutes ces années. Pas de médecin brillant, un pauvre type qui faisait semblant...

    Mes parents qui m'admiraient tant, qui se gargarisaient de ma réussite professionnelle, comment les mettre devant la réalité : que leur fils n'était qu'un raté ? Ils sont morts en l'ignorant, qu'ils reposent en paix !

    Ma femme qui croyait avoir épousé un grand homme et m'aimait pour cela. Qui repassait mes chemises pour que je sois toujours impeccable à un travail où je n'allais pas, qui m'apportait un verre le soir pour que je me détende après ma longue journée à l'hôpital. C'est vrai que mes journées étaient longues à traîner dans les rues jusqu'au moment de rentrer ! Qui me faisait une réputation de compétence auprès de ses copines qui, me disait-elle, l'enviaient d'avoir épousé un grand professeur. Elle aussi je l'ai protégée de la désillusion.

    Quant à mes deux enfants...Disons que je n'ai pas voulu détruire en eux l'image du Père que tous les psychologues s'accordent à trouver essentielle pour la construction de leur personnalité, voilà. Ca leur aurait fait trop de mal, les pauvres petits. Comme j'aimais aller les border le soir lorsqu'ils m'attendaient en pyjamas dans leurs lits. Ils me demandaient combien de personnes j'avais opérées et sauvées. Ils m'admiraient tant. Je leur ai épargné un traumatisme qui aurait inévitablement impacté leur avenir.

    Maintenant j'ai payé. Je vais aller séjourner quelques temps dans un Monastère, c'était la condition pour ma sortie anticipée. Ce sera toujours mieux que la Taule...je pense que la nourriture doit être meilleure, et si ça s'appelle aussi une cellule, au moins  sera-t-elle  individuelle, quel luxe !

    Et après, lorsque le moment sera venu, je reprendrai ma liberté. J'espère me trouver une nouvelle petite femme et, peut être, qui sait, avoir d'autres enfants. C'est si beau une famille !

    La vie, voyez-vous, ce n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit.

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    (désolée amis lecteurs, c'est ce qui m'est venu à l'idée)


  • Commentaires

    1
    Lundi 1er Juillet à 15:34

    Tu me fais frissonner, ma Colombe, comme souvent, en évoquant ce sinistre type. Il vit et il a pris la vie des êtres les plus proches de lui. J'espère qu'il frappe sa coulpe dans sa nouvelle cellule et que les travaux des champs le fortifieront dans l'expiation !

    Bien joué !

    Bises

    2
    Julie
    Mardi 2 Juillet à 11:28

    Comme quoi, fiction et réalité se rejoignent...J'en frissonne de savoir que cet individu soit déjà sorti de prison. J'ai l'impression que cette triste affaire date d'hier. Mon dieu, ta dernière phrase. J'espère bien que, dans la réalité, il restera jusqu'à sa mort là où il est...

      • Mardi 2 Juillet à 17:18

        je crois que c'est pour deux ans seulement

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