• Tara !

      (le jeu de Lakévio)

    Roland Lee aquarelle maison en Suisse

     

    Pourquoi je l'aime autant ?

    Elle n'est même pas très belle. Et beaucoup moins fleurie : je n'y suis pas assez pour entretenir des fleurs.
    Pourquoi je n'y suis pas assez ? Parce que je suis la seule à l'aimer à ce point.

    Elle est tout juste confortable et plutôt mal conçue : peu d'intimité possible, les pièces donnent les unes dans les autres, gare à celui qui est dans la chambre du fond et doit se lever la nuit, il réveillera tout le monde en passant !

    C'est un coin de verdure, adossé à une colline avec la rivière en contrebas. Il n'y a pas la mer, il n'y a pas la montagne. La rivière n'est pas très propice aux bains. Elle est entourée d'un terrain à moitié sauvage (on y croise des chevreuils, des lièvres et des renards, quelques sangliers aussi), non cultivable et non constructible car potentiellement inondable.

    Il n'y a aucune animation, pas un commerce. Ceux qui y vivent encore, vieillissent.

    Les vaches ou les poules peuvent envahir la route, peu de voitures y passent. De toutes façons c'est un cul-de-sac. La seule route mène à la rivière qui entoure le village, elle s'arrête à l'entrée d'un champ.

    Et pourtant lorsque la vie m'en a éloignée pendant deux longues périodes, je rêvais un jour sur deux ou trois que j'y étais. J'étais en manque.

    Voici la vraie :

    20170825_210512

     

    Ma famille a commencé par la louer en 1942, l'exode les ayant fait quitter Paris. Ma mère et sa soeur avaient trouvé un travail à Vichy (hé oui...). Toutes les deux sans conjoint (l'un avait divorcé , l'autre s'était volatilisé - dès le début), elles n'avaient pas le choix. Elles laissaient leurs enfants respectifs (pas moi, je n'étais pas née) en garde  à la grand-mère et à l'arrière grand-mère  dans cette maison, le grand-père allait et venait en tentant de faire fortune.
    C'était alors une vieille ferme très rudimentaire, sans confort.
    La grand-mère  faisait des kilomètres à pied chaque jour pour trouver des denrées alimentaires à acheter dans les villages alentours, les gens du village, malgré leurs potagers et poulaillers bien remplis, ne voulant pas vendre à des "étrangers" (hé oui...).

    A la fin de la guerre (non, je n'étais pas encore née) tout le monde est remonté sur Paris mais ma mère a gardé la vieille ferme en location comme "maison de vacances". J'y ai fait mes premiers pas et appris à nager dans la rivière.

    Ma mère l'a finalement achetée dans les années 70 et faites rénover en deux fois, la deuxième pour y passer sa -courte- retraite.

    A sa mort, j'ai racheté la part de ma soeur (qui bien sûr peut en profiter tant qu'elle veut).

    A chaque fois que j'y arrive je suis sur un nuage. A chaque fois que j'en repars je suis infiniment triste (même si j'ai envie de rentrer pour  retrouver mon petit monde).

    Allez comprendre ...


  • Commentaires

    1
    Lundi 13 Novembre à 10:41

    Moi, je comprends très bien. cela me rappelle la maison de mon père où j'ai passé tant de fins de semaines et de vacances, dans un hameau, sur une portion de route se terminant dans les champs. Elle est à mon frère désormais et je sais bien que je pourrais y aller quand je veux mais je suis devenue parisienne... Distance, manque de temps. je connais cette joie de la voir et cette tristesse d'en repartir...

    Merci beaucoup Colombine de ce partage. 

     

      • Lundi 13 Novembre à 11:22

        je crois en plus que "nos " maisons sont dans la même région, me trompe-je ?

    2
    Lundi 13 Novembre à 10:55

    Oui, je peux comprendre l'attachement que l'on a pour une maison...

    3
    Lundi 13 Novembre à 11:53

    Une maison basse de plain pied, je connais bien ;)  et je comprends tes ressentis...

    4
    Lundi 13 Novembre à 12:24

    Je suis viscéralement attachée à la maison où je vis depuis 1959 ! C'est la troisième de ma vie mais la seule à moi.

    J'y suis bien !

      • Lundi 13 Novembre à 19:13

        Depuis si longtemps ! Je comprends!

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :